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Haïti : le temps de la reconstruction - du 09-02-2010 - Écrit par La Voix de France
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Reportages et chiffres ont témoigné du choc dévastateur du séisme : plus de 200000 morts, des centaines de milliers de blessés et d’handicapés, un pays en ruine ...

Le monde s’est mobilisé pour secourir les Haïtiens. Il s’agit maintenant de reconstruire leur pays.

Faire un don à l'UFE Haïti ... 

Il est 16h53 à Port-au-Prince ce 12 janvier, près de 23h à Paris. Une journée comme les autres s’étire dans la capitale haïtienne. Soudain la terre bascule et la vie avec elle. Le tremblement de terre qui frappe l’île est colossal : d’une magnitude 7 sur l’échelle de Richter qui en compte 10, il balaye la ville et ses piètres constructions. Un choc d’autant plus dévastateur que le séisme s'est produit près de la surface, à quelque 10 kilomètres sous la croûte terrestre.

Port-au-Prince est détruite. Corps sans vie et blessés jonchent les rues. Le Palais national (photo ci-dessus) s'est en partie effondré. Ministères, Parlement, églises, hôpitaux, hôtels, écoles et de nombreux établissements universitaires sont  en ruines.

Les Haïtiens vont vivre des jours et des nuits de cauchemar au milieu des décombres. Des quartiers entiers sont devenus des cimetières. Des habitants qui ont tout perdu, leur maison, leur vie d'avant, s’entassent dans le centre-ville, transformé en un immense camp de réfugiés. Ils manquent désespérément d'eau, de nourriture, de médicaments. Mais les services de première urgence sont inexistants. L’Etat, déjà fantomatique, s’est évanoui dès les premiers instants.

La désorganisation a été immédiate. La secousse a balayé les communications d’un pays aux infrastructures déjà rudimentaires, rendant quasiment impossible l'acheminement des blessés dans les centres hospitaliers encore debout. Les lignes téléphoniques n’ont pas résisté et Internet est devenu le seul moyen de communication.

L’Etat haïtien a payé le prix fort. Des ministres ont disparu. Le président du Parlement Kelly Bastien est resté enseveli dans les ruines de l'Assemblée. L’archevêque de Port-au-Prince, Mgr Miot est mort. Le siège de la mission de l'ONU s'est effondré, faisant plus d’une centaine de disparus parmi son personnel.

Six semaines plus tard le bilan est terrible : plus de 200000 morts sur les quelque 10 millions d'habitants, des centaines de milliers de blessés. Certes, des miracles ont eu lieu et des victimes tirées in extremis des décombres par les sauveteurs, parmi lesquels les Français se sont distingués. Mais le pays est une nécropole et un amas de ruines.

L’aide internationale a été immédiate et massive. Les Américains sont arrivés les premiers avec d’énormes moyens. Mais le monde entier s’est mobilisé. Pour sauver et secourir les Haïtiens d’abord. Pour reconstruire leur pays ensuite.

“La France a réagi parmi les toutes premières”

denise-jean-marie-haiti.jpgLa présidente de l’UFE-Haïti déplore la disparition de 26 Français et met en relief le drame des Haïtiens, mais souligne l’efficacité des services et des secours français.

La Voix de France : Après le séisme, comment avez-vous repris contact avec les membres de l’UFE ? Comment étaient-ils ?

Denise Jean Marie : Grâce au bouche à oreille et via le siège de l'UFE de Jean Sabatier, j’ai repris rapidement contact avec nos membres, sauf une, restée “ensevelie” sous le toit du Cercle Bellevue qu'elle dirigeait et animait.

Vous savez, beaucoup de nos compatriotes sont décédés : Simone, Olivia, Marc, Jean-Marc, Gérard et tant d’autres ! Vingt-six Français sont morts ou disparus. Et beaucoup d’autres ont perdu leurs biens, sinon des membres de leur famille ...

Tous les autres vont bien. Mais plusieurs ont perdu leur maison, leur lieu de travail. Dans le meilleur des cas, les maisons ont été endommagées, surtout les équipements ménagers, les objets précieux :  téléviseurs, tableaux de peinture haïtienne, meubles, etc.

Certains bâtiments fissurés, dont un immeuble de neuf étages soi-disant construit selon les normes antisismiques, abritaient des organismes internationaux : Union Européenne, Agence France-Presse, bureaux d’ambassades étrangères, etc.

Seule la cave à vins de notre ami Didier Rossard a résisté ...

VdF : Comment fonctionne l’UFE Haïti depuis le séisme ? Avez vous pu entreprendre une action, quelle qu’elle soit ?

DJM : Pendant longtemps, il n’y a plus eu aucune liaison par téléphone, par portable, ni télévision étrangère ou française. En revanche, Internet a été rétabli assez vite.

L’UFE-Haiti a pu fonctionner grâce au bouche-à-oreille pendant quelques jours. Puis, les relations se sont rapidement mises en place grâce aux "chaînes d'amis".

Une grande préoccupation, pour nous et pour les parents en attente en France ou à Haïti a été la situation des enfants en cours d’adoption. Car nombre d’écoles et d’orphelinats ont été détruits. Il y a eu des miracles, mais surtout beaucoup de peines. Nous nous sommes efforcés de mobiliser de la nourriture et des médicaments pour ces orphelinats. Que dire des sourires et des caresses des enfants que nous visitons et qui nous voient constater leur dénuement !

VdF : Quel soutien vous ont apporté les services français, ambassade, consulat, cellule de crise ?

DJM : La liaison  avec l'Ambassade  a été bonne. La compétence et le dévouement de notre nouvel Ambassadeur Didier Le Bret ont été sans failles. En revanche, les téléphones des chefs d'ilôts n'ont pas fonctionné, alors qu'un essai avait été positif le premier jeudi de janvier.

La Résidence de l'Ambassadeur a été totalement détruite, mais les bureaux de la chancellerie ont été en grande partie sauvés. Dès l'arrivée du personnel de sécurité de l'Ambassadeur, la liaison avec Paris a été rétablie.

L’élan de solidarité mondial a été spectaculaire. La France a réagi dans les toutes premières. Nous avons reçu l’aide du Samu martiniquais, puis guadeloupéen. Les premiers kits de médicaments et de premiers secours sont arrivés et vite distribués à des points stratégiques, tandis que les morts s’empilaient dans les rues. Nous ne pourrons jamais assez applaudir la cellule de crise à Paris,  qui avec l’expérience gagnée lors des autres catastrophes est de plus en plus performante.

VdF : Et vous-même comment allez-vous ? Avez-vous été personnellement touchée ?

DJM : Non. J’étais à mon ordinateur et dans un réflexe, accrochée à mon bureau qui valsait, j’ai pu envoyer dans les minutes qui ont suivi le séisme un mail laconique à ma famille en France pour les rassurer et prévenir nos sénateurs. Puis les télécommunications sont tombées en panne.

Chaque matin à orly ...

Dès l’aube, le CEFR, la cellule de crise, la Préfecture du Val de Marne et les associations, dont l’UFE, prennent en charge les rescapés qui arrivent à Paris.

ufe-haiti-orly1-p.jpgChaque matin, lever à 5 h. Direction : Orly. Depuis le 15 janvier, c’est mon rythme quotidien. Car, dés l’aube, les avions d’Air Caraïbes et d’Air France atterrissent avec à leur bord des rescapés du terrible séisme qui a frappé Haïti. Moment d’intense émotion : ils retrouvent le sol français, leurs familles et leurs amis.

Tous ont été pris en charge par l’Ambassade de France à Port au Prince dans des conditions d’extrême difficulté pour être acheminés à Fort de France ou à Point à Pitre et rapatriés en métropole. Certains ont dormi sur le tarmac en attendant un départ souvent retardé pour des raisons de sécurité.

La cellule de crise du Ministère des Affaires étrangères et européennes (MAEE), récemment modernisée, fonctionne de manière professionnelle et facilite toutes les recherches de personnes, grâce à un logiciel alimenté et consultable en temps réel par l’Ambassade et le Centre de Crise.

Une organisation exceptionnelle accueille les rapatriés à leur arrivée en France. Le Directeur du cabinet du Préfet du Val de Marne, Patrick Dallennes, en liaison avec la Cellule de Crise du MAEE, Eric Abraham, Chef de l’unité de soutien à la gestion des situations d’urgence, pilotent l’opération d’accueil, aidés de Pierre Morisson.

Chaque rapatrié, selon une organisation hélas bien rodée, est pris en charge dés sa sortie par un membre de la Croix rouge pour le réchauffer et l’accompagner dans chaque démarche : obtenir un certificat de rapatriement nécessaire pour tout problème administratif, se vêtir chaudement, téléphoner ou se rendre auprès de sa famille, organiser la re-scolarisation de ses enfants ...

Mais le premier besoin de chaque rapatrié est de rencontrer un médecin ou un psychologue. Le besoin de dire est intense, la culpabilité d’être en vie aussi. Les équipes spécialisées du Samu sont là pour écouter et traiter chaque cas individuellement. Des religieux de chaque confession sont également présents.

ufe-haiti-orly2-p.jpgLa dignité de chacun est immense. L’accueil personnalisé permet d’exprimer toute la détresse, l’horreur de ce que l’on a vécu ou perdu, souvent une partie de sa famille, des amis… Ici un Haïtien, fataliste, voit la main de Dieu. Là, un Français n’arrive pas à réaliser qu’il est revenu en vie. Un peu plus loin, un père accueille ses deux filles, d’abord déclarées disparues, et ne les lâche plus (photo ci-contre). Les blessés sont immédiatement pris en charge par l’équipe médicale.

Les associations françaises ou haïtiennes sont présentes. L’UFE est là, bien sûr, à chaque arrivée, afin de faciliter toute démarche, ainsi qu’une réadaptation sur le sol français.

Le CEFR, son directeur Accueil Nabil Neffati et son équipe prennent en charge les questions d’ordre social pour ceux qui ont tout perdu : RSA, CMU, santé, logement… Ils débloquent les situations. L’action du Centre est primordiale : à chaque rapatriement, il s’agit d’aider la personne à se réadapter à une nouvelle vie et à repartir souvent de rien. Un travail d’une efficacité remarquable.

L’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) est également présente avec Jean-Paul Negrel, Patrick Teneze et Michel Igout, Conseiller commercial pendant cinq ans en Haïti et qui connaît individuellement chacun des arrivants. L’Agence aide les enfants à retrouver rapidement un circuit scolaire et vient d’ouvrir une plateforme pédagogique par Internet afin de permettre aux professeurs et aux élèves rapatriés de recréer une classe virtuelle (http://www.lad.ganesha.fr/).

Les rapatriés nous quittent, leurs familles les attendent. Et, preuve d’une solidarité exceptionnelle, des taxis conduits par la communauté haïtienne se sont mobilisés pour les conduire gratuitement à Paris.
 
Hélène Charvériat
Délégué général de l’UFE

 

L’UFE  mobilisée pour Haïti …

Sans tarder, l’UFE s’est mobilisée pour venir en aide aux Haïtiens. Vous pouvez envoyer vos dons :

- Par Internet :
Rendez-vous sur la page des dons en ligne, sélectionnez : Je décide que cette somme sera affectée “au fonctionnement de ma représentation”, puis Haïti.

- Par virement : attention de bien indiquer comme motif du virement UFE-Haïti. 

Identifiant national de compte bancaire
Code banque : 30568 | Code guichet : 19904   N° de compte : 00012065201 - Cle Rib : 57
Domiciliation : Banque Translatlantique, Paris
Identifiant International
Code Banque : FR76  Code guichet : 3056 
N° de compte : 8199  0400  0120  6520 157
Bic : CMCIFRPPXXX

- Par chèque, à l'ordre de UFE-Haïti
A envoyer à  Union des Français de l'étranger  28 rue de Châteaudun F-75009 PARIS.


... la cfe aussi

A la demande de son président, immédiatement après le séisme, la direction de la Caisse des Français de l’étranger a mis en œuvre des mesures au profit des assurés résidant en Haïti, en s’appuyant sur les précédents (Côte d’Ivoire, tsunami en Asie) :

- pour les cotisations, suspension temporaire des sanctions en cas de non paiement, décalage d’envoi des mises en demeure, radiations, etc.

- pour les prestations :
- l’ouverture des droits a été prolongée d’un mois (ou deux), même si les cotisations n’ont pas été payées.
- des assouplissements  ont été mis en œuvre dans la liquidation (ex : non retour du dossier en cas de pièce manquante pour une demande de remboursement de faible montant..).

- pour l’action sanitaire et sociale, examen bienveillant des demandes d’aide ponctuelle faisant suite à un problème de santé lié à l’événement.

- mise en place à la Caisse d’un correspondant chargé de centraliser appels et courriers en provenance des assurés d’Haïti. Un message en page d’accueil du site Internet de la Caisse indique le numéro de ce correspondant.

 

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Dernière mise à jour: ( 10-02-2010 )
 
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