Suite au questionnaire que nous avons envoyé le 21 septembre dernier à l'ensemble des candidats à la primaire de la droite et du centre concernant leur vision des problématiques des Français de l'étranger, voici les réponses reçues à ce jour concernant le réseau consulaire français.
 

Les Questions de l'UFE

Les consulats sont aussi précieux pour les Français de l’étranger que le sont en France les mairies. Le réseau consulaire français est l’un des plus étendu du monde. Il a néanmoins fait l’objet ces dernières années de nombreuses suppressions de postes et d’emplois, à la mesure des contraintes subies par le budget de l’Etat (à quelques notables exceptions près). Pendant ce temps, l’administration territoriale française s’est considérablement développée et a vu se multiplier les emplois et les crédits en faveur des aides sociales, des animations culturelles et de loisir, les services proximité, pas toujours dans des domaines prioritaires.
 
• Trouvez-vous normal que l’administration des Français de l’étranger fasse l’objet de mesures restrictives aussi sévères, justifiées par la situation des finances publiques de l’Etat, tandis que les collectivités locales françaises ne cessent de développer leurs services et les prélèvements obligatoires correspondants ?
 
• Pensez-vous qu’un principe d’équité voudrait que tous les Français bénéficient d’un accès comparable à l’administration publique, et que si la notion de proximité ne peut s’apprécier dans les mêmes conditions, qu’au moins un effort comparable par habitant soit mesurable ?
 
• Que pensez-vous des effets de la décentralisation pour les Français de l’étranger qui, par hypothèse, ne se rattachent à aucune collectivité locale décentralisée et dont l’administration et les services sont assurés par un Etat de plus en plus impécunieux ?
 
 

Jean-François Copé

 
La réforme et la modernisation de la fonction publique est inévitable en France comme dans les consulats. Le système est actuellement sclérosé et entraîne des dépenses majeures. Je propose notamment l’abrogation des statuts de la fonction publique et l’augmentation de la durée du travail. Ces réformes ne doivent pas se faire aux dépens d’une administration mais pour l’optimisation de toutes les administrations. 
 
L’accès des Français de l’étranger à leur administration publique est très spécifique puisque les réalités géographiques et démographiques entraînent parfois un éloignement important du consulat. Je préconise donc le développement du réseau consulaire français sur internet et les réseaux sociaux ; en un mot, je veux un réseau consulaire 2.0. Par ailleurs, les conseillers consulaires au rôle renforcé et clarifié sont des relais humains du réseau consulaire français. 
 
 
 

Alain Juppé

Le service public obéit à certains principes au nombre desquels figurent sa modernisation, appellation contemporaine de son adaptation. Aujourd’hui, indépendamment du contexte budgétaire, l’administration de l’Etat doit être bâtie sur des schémas juridique et technique nouveaux qui évoluent sans cesse afin de mieux répondre aux besoins des usagers qui deviennent de plus en plus des clients.
 
La qualité du service offert se mesure à la lumière des critères de rapidité, d’efficacité et de proximité. Une administration consulaire numérique doit ainsi se développer pour s’affranchir des distances, éviter les temps d’attente et permettre de choisir le moment pour accomplir des formalités. Le réseau consulaire comme tous les services de l’Etat doit donc évoluer vers une gamme de téléprocédures.
Bien entendu  des économies budgétaires en résulteront, mais elles seront la traduction du  considérable saut qualitatif effectué ces dernières années et non la contrepartie d'une dégradation du service rendu à nos concitoyens . Ne perdons pas de vue qu’aucune des innovations récentes n’aurait pu voir le jour sans le registre mondial des Français de l’étranger créé avant 2007. Le moment est venu d’effectuer un nouveau saut technologique pour élargir la gamme de services accessibles par Internet et de supprimer certaines formalités surréalistes comme, par exemple, l’invraisemblable certificat de vie, réforme attendue par un nombre croissant de compatriotes s’établissant hors de France pour leur retraite.
 
Cela  étant dit tout ne peut pas se faire par des procédures électroniques, le contact humain reste irremplaçable.  Certes, le ministère des Affaires étrangères doit prendre sa part aux efforts de maitrise des dépenses indispensables. Mais tout cela doit s’inscrire dans une vision stratégique de long terme visant à redéfinir nos priorités et non dans un souci d’ajustement budgétaire de court terme. Les fermetures de consulats ou d’antennes consulaires inappropriées ou mal préparées créent parfois un sentiment d’abandon ou de désarroi. 
 
 

Nathalie Kosciusko-Morizet

Sur le budget de l'administration des Français de l'étranger...
Les Français de l’étranger sont un atout pour la France. Il faut garantir aux expatriés l’accès aux services dont ils ont besoin.
Il est indispensable de tirer les conséquences de la réforme contestée de 2012 de l'Assemblée des Français de l'Étranger, mais aussi de valoriser le rôle des conseil-lers consulaires et des conseillers à l'AFE élus en 2014 :
- en leur redonnant les moyens statutaires et financiers d'assumer leur mission ;
- en renforçant leur pourvoir et leur indépendance vis-à-vis de l'administration ;
- en organisant des échanges plus fréquents entre les 3 assemblées (Assemblée Nationale, Sénat, AFE).
 

Sur l'accès équitable à l'administration publique...

• Les Français sont égaux en droits et l’administration publique doit pouvoir bénéficier autant à l’un qu’à l’autre. L’éloignement spatial ne doit pas servir d’argument pour priver les Français de l’étranger de ce droit, même si, comme vous le soulignez, la notion de proximité ne peut s’apprécier dans les mêmes conditions.
 

Sur la décentralisation...

• Le dernier gouvernement a ignoré les Français de l’étranger alors qu'ils sont porteurs de la culture française au niveau international. Ils portent un message, tout en participant à la vie politique française. La France doit leur donner les moyens de mener à bien ces missions, d'autant que nombreux sont ceux qui paient de l'impôt en France.
 

Bruno Le Maire

 
Sur le budget de l'administration des Français de l'étranger...
• Les moyens du réseau diplomatique et consulaire ont fortement baissé au cours des deux derniers quinquennats. Des efforts considérables ont été faits, notamment par le réseau commercial, qui a trouvé d’autres sources de revenus et a réussi à réduire ses coûts de fonctionnement avec moins de personnels expatriés. Ces efforts ne doivent pas pour autant limiter les services aux Français. L'automatisation de certaines tâches, le développement de nouveaux outils en ligne peuvent à terme rétablir un niveau d'offre de services adéquat.
 
Dans le même temps, le rôle de Conseiller consulaire a été créé pour renforcer la démocratie de proximité auprès des Français de l'étranger. Je veux aller au bout de cette logique, en donnant aux élus des Français de l'étranger les moyens, en particulier matériels, de leur action. Ensuite, par la considération, les moyens financiers et matériels donnés aux élus pour exercer leurs fonctions, comme la possibilité d’obtenir un passeport de service. Par des symboles qui ont aussi leur importance, comme le port de la cocarde. C’est en donnant à leurs représentants toute leur place que la République pourra valoriser les Français de l’étranger.
 
Sur l'accès équitable à l'administration publique...
•Grâce au développement des services en ligne, cette notion d'éloignement deviendra de moins en moins problématique pour les opérations du quotidien. En ce qui concerne les questions liées à la sécurité, la coopération européenne, déjà bien engagée, fait également partie des réponses.
 
Sur la décentralisation...
• C'est l'ensemble des administrations publiques qui doivent être concernées par la bonne gestion des deniers publics et pas seulement l'Etat. Dans mon Contrat présidentiel, je défends l'idée d'étendre les débats parlementaires sur le budget à celui des collectivités territoriales afin de mieux les piloter. Ce pilotage se manifestera par des objectifs, mais aussi des sanctions. Rappelons par ailleurs que la suppression du statut de la fonction publique territoriale permettra de donner plus de liberté et de responsabilité aux collectivités dans la gestion de leur personnel et, par conséquent, assurera également une meilleure maîtrise des dépenses. 

 

Nicolas Sarkozy

Sur le budget de l'administration des Français de l'étranger et l'accès équitable à l'administration publique...
La contrainte budgétaire est une réalité qui ne peut être ignorée. Et elle a forcément des implications pour l’administration des Français établis hors de France. Cependant, ce sont les arbitrages et donc les choix politiques qui impactent nos concitoyens. 
 
Les gouvernements de François Hollande ont ainsi de façon systématique réduit l’enveloppe destinée aux français de l’étranger pendant cinq ans. C’est criant sur l’éducation, mais aussi dans certains services consulaires.
 
Pour les Français de l’étranger, l’accès aux administrations publiques doit être assurée et simplifiée. En revanche, je ne pense pas que la comparaison avec le territoire national et la mesure d’un effort comparable par habitant soit adéquate. Car une logique purement quantitative, quand bien même les contraintes financières nous le permettraient, n’entraine pas forcement une amélioration du service public. 
 
C’est plutôt la qualité du service qu’il convient d’améliorer. C’est l’accueil, l’écoute, l’efficacité de la réponse, et le ressenti des usagers des services consulaires, des administrations ou des services sociaux qu’il faut analyser et améliorer. Cette démarche qualité peut être mise en place localement au niveau des consulats sous l’impulsion du ministère et des élus. Grace au numérique, les sources d’amélioration sont significatives. Je propose de mettre en place de façon systématique des comparaisons internationales, pour nous inspirer des meilleures pratiques étrangères.
 
Sur la décentralisation...
Une des conséquences de la décentralisation pour les Français de l’étranger est la disparition ou la réduction de certains services de l’administration centrale. Et j’imagine assez facilement que nos concitoyens qui rentrent en France puissent passer d’un service administratif à un autre, sans obtenir les informations ou les actes dont ils ont besoin. 
Je propose d’instaurer dans chaque département un interlocuteur unique afin de faciliter les démarches de nos compatriotes. Nous devons être cohérents. Si nous voulons attirer des entrepreneurs, des investisseurs sur notre territoire, nous devons nous donner les moyens de les accueillir et de faciliter leur installation sur notre territoire. 
 
 
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