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Portrait d'entrepreneur à l’international, Stéphane Ledentu

Les arbres sont une vraie passion pour Stéphane Ledentu, le fondateur du Groupe SLB, qui a choisi d'investir le champ de « l'éconologie », un néologisme qui désigne des activités à la fois rentables économiquement et protectrices de l'environnement. Un Français qui a réussi à l'international ! Portrait.

 

À 58 ans, Stéphane Ledentu peut être fier du groupe qu'il a créé voici près de trente ans. SLB travaille à l'international, s'est implanté en Roumanie et au Brésil, et a diversifié ses activités au fil de ces années. Il répond à nos questions.

Pourquoi avez-vous créé une entreprise spécialisée dans la filière du bois ?

Mon père était exploitant forestier, j'ai poursuivi dans la même voie. J'ai créé ma propre entreprise en 1991 et elle s'est très vite ouverte sur l'international. Puis je me suis demandé ce que je pourrais faire pour répondre aux demandes croissantes en bois tout en préservant nos forêts endémiques. En 2000, j'ai revendu mon affaire et je suis retourné sur les bancs de l'école ! J'ai suivi des cours d'ingénierie financière et fiscale. J'avais besoin de parler le même langage que celui du monde de la finance pour pouvoir avancer sur mon nouveau projet de vie : l'éconologie. Je me suis donc lancé dans cette nouvelle aventure en choisissant de diversifier mon activité en Roumanie et au Brésil, deux pays dont le droit foncier est basé sur le code Napoléon.

Comment vous êtes-vous développés au Brésil ?

Je crois que pour convertir le plus grand nombre à l'écologie, il faut un intérêt économique. J'ai choisi de contribuer à sauver la planète en créant un produit de substitution. Nous nous sommes implantés dans l'Etat de Paraná, au Brésil, et y avons planté de l'eucalyptus. Nous avons opté pour des plantations non intensives, avec 1 100 pieds à l'hectare qui ne consomment que la moitié des ressources hydriques. J'ai embauché trois ingénieurs et nous avons créé un projet qui préserve aussi la biodiversité et le biotope. J'ai acheté des terres dégradées par les cultures intensives sur lesquelles nous plantons 60 % d'eucalyptus et 40 % sont laissées en régénération naturelle avec des essences endémiques. Cette répartition de développement des forêts est 2 fois plus exigeantes que celles imposées par les normes internationales. L'eucalyptus pousse assez vite, son bois sert aussi bien en menuiserie qu'à faire de la pâte à papier ou à créer de l'énergie. Un hectare d'eucalyptus planté, c'est six hectares de forêt amazonienne épargnés ! Le Brésil était intéressant parce que de nombreuses joint-ventures sont installées à proximité et ont besoin de nos produits pour en faire de la pâte à papier, du carton, des meubles…

Et la Roumanie ?

La Roumanie possède les plus belles forêts de chênes d'Europe. Nous procédons là-bas différemment. Nous achetons des forêts de composition en haute futaie pour des gens qui souhaitent diversifier leur patrimoine en Europe de l'Est. Nous avons plus de 7 000 hectares en co-investissement. Notre mission est d'entretenir ces forêts, de faire grossir ces arbres, de les soigner pour qu'ils produisent du bois de qualité. Notre rémunération se fait naturellement sur la croissance du bois. En réalité, grâce à notre gestion quotidienne, nous améliorons notre capital initial. D'ailleurs, nous fournissons nos chênes pour fabriquer des tonneaux afin que le vin vieillisse. Notre clientèle est la même que pour le Brésil : des particuliers qui investissent pour s'assurer un complément retraite, réaliser une action durable ou optimiser une donation démembrement, ainsi que des entreprises qui souhaitent compenser leur bilan carbone ou effectuer un investissement socialement responsable. Les fonds sont eux aussi intéressés par ce type de placement qui est une valeur refuge contre l'inflation, et un produit innovant qui est un actif réel.

Comment financez-vous ces activités ?

Nos investisseurs sont à 80 % Européens, et nous avons des conseillers pour les aider dans les procédures juridiques, réglementaires et fiscales. Nous les accompagnons dans toutes les étapes : du choix du terrain à l’achat des essences, en passant par la gestion de la forêt, ainsi que la sélection et l’exploitation du bois à destination du marché international. Cela permet une diversification de leur patrimoine. Les titres de propriété sont garantis. Ainsi, nous avons des assurances en cas d'accident climatique, de chute du taux de change ou de changement politique, d'incendie… Nous avons un taux de rendement équivalent aux investissements tangibles, pour des périodes d'au moins six ans en Roumanie et douze ans au Brésil (il est cependant possible d'en sortir au bout de quatre ans). Aujourd'hui, le Groupe SLB gère près de 100 millions d'euros d'actifs forestiers.
 
 
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Extrait de notre magazine La Voix de France n°573 Juillet 2019
 
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