Les parlementaires des Français de l’étranger ont bien entendu réagi suite à la parution des caricatures de Mahomet dans le dernier numéro de Charlie Hebdo. Si la liberté de la presse est un droit inaliénable en France, il demeure néanmoins légitime de se poser la question de l’opportunité de faire paraitre ce type d’article alors que ce sujet est rendu d’autant plus sensible par la polémique autour d’un film islamophobe.

 

Les conséquences pour nos compatriotes Français à l’étranger sont un climat sécuritaire tendu. Une vingtaine de pays ont vu leurs Ambassades et leurs écoles fermées par mesure de précaution.

Souhaitons que ces tensions s’apaisent et que les appels au calme soient rapidement suivis d’effet.

Voici quelques extraits de ces interventions :

Communiqué du Groupe Union des Républicains, de la Droite et du Centre

Suite à la provocation du journal Charlie Hebdo, les 7 Parlementaires UMP des Français de l’étranger, les Députés Alain Marsaud, Thierry Mariani, la Députée Claudine Schmid, les Sénateurs Christian Cointat, Louis Duvernois, Christophe-André Frassa, la Sénatrice Christiane Kammermann ainsi que l’ensemble du groupe de l’Union des Républicains de la Droite et du Centre à l’Assemblée des Français de l’Etranger, ont décidé de réagir d’une seule voix.  
"Si certains s’en félicitent, nous, ne disons pas bravo aux gens de Charlie Hebdo pour leur courage consistant à caricaturer Mahomet ou ses prophètes !
Charlie Hebdo qui, aujourd’hui est protégé par la police républicaine et laïque.
Pendant ce temps dans 18 pays d’Afrique et d’Asie, on ferme les Ambassades et les Consulats français, on ferme nos écoles françaises dans l’attente d’opérations violentes de la part d’islamistes très contrôlés  et de salafistes de tous poils.
Dieu sait que nous aimons la provocation et combattons pour la laïcité mais il se trouve qu’hélas durant ces quelques jours nos compatriotes Français vivant dans ces pays vont devoir raser les murs.
Quelle sera la prochaine une de ce journal, s’il doit encourir la responsabilité de quelques morts bien Français ? "

Réaction du Sénateur Joëlle Garriaud Maylam sur son site

Dans un contexte international déjà particulièrement tendu, la publication de caricatures du prophète Mahomet par l’hebdomadaire satirique français, Charlie Hebdo risque, en cristallisant les rancœurs de mouvements radicaux musulmans, de fournir un prétexte pour des attaques ciblées contre nos ressortissants, notamment à l’étranger.
Les appels à la prudence faits ce matin par le Quai d’Orsay et les mesures de précaution annoncées sont justifiés. Mais la fermeture totale des écoles et ambassades dans une vingtaine de pays vendredi risque aussi d’être reçue comme un signal négatif. Il importe en effet de déconnecter l’action irresponsable d’un magazine de l’attitude de la France, pays qui a toujours affirmé avec fierté ses valeurs de tolérance, de respect et de droits de l’homme.
Il est plus urgent que jamais de concrétiser le respect dû aux croyances religieuses, quelles qu’elles soient. J’ai commencé à travailler sur une proposition de loi en ce sens.
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Réaction du Sénateur Robert Del Picchia dans sa lettre d’information

Dommages collatéraux. La liberté d’expression ne doit pas connaître d’autres limites que celles fixées par la loi. C’est ce qui définit un État de droit et garantit – entre autres – le caractère démocratique d’un système politique. Comme Voltaire, « je n’aime pas vos idées mais je me battrai pour que vous puissiez les exprimer ».Cette liberté a trouvé son illustration cette semaine par le choix de certains de caricaturer les croyances religieuses de beaucoup. Est-ce légal ? Ce sera aux juges d’en décider.
Est-ce pertinent, dans un contexte international particulièrement tendu, de provoquer encore ? Certainement pas et on ne peut que le regretter. S'il est important que ce choix éditorial ait pu être fait, car c’est un droit chèrement acquis par le passé, nous sommes tous aussi libres de le critiquer. D'autant que les conséquences pourraient être très graves. Et je pense naturellement à nos communautés françaises à l’étranger, qui sont, comme toujours, en 1ère ligne.
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Notons également que l’Association Français du Monde/ADFE par la voix de sa présidente Monique Cerisier Benguiga a également émis un doute sur l’opportunité du moment de la parution de ces caricatures et des conséquences pour nos compatriotes dans un courrier envoyé à Madame Hélène Conway, Ministre délégué en charge des Français de l’étranger.

La réponse du Ministre s’est voulue rassurante :

Extrait :  "Il n’y a pas à ce stade de menace spécifique contre les communautés françaises. J’invite les résidents et voyageurs à respecter les consignes qui leur sont données par les services diplomatiques et consulaires. Nous invitons les Français installés dans les pays concernés à la prudence et leur recommandons de ne prendre aucun risque et d’éviter les attroupements. Nous avons engagé les agents dans nos ambassades et nos consulats à la vigilance et pris toutes les dispositions pour renforcer la sécurité de nos postes. Nous avons rappelé aux autorités des pays concernés qu’elles devaient assurer la sécurité de toutes nos implantations.
Enfin, par précaution, nous avons décidé de fermer ce vendredi nos établissements dans une vingtaine de pays : ambassades, consulats, centres culturels, écoles. Cette mesure est déjà effective dans certains cas.
Comme l’a rappelé le Premier Ministre, la liberté d’expression est garantie en France, tout comme la liberté de caricaturer. La France est un Etat de droit, si certains se sentent heurtés dans leurs convictions et estiment qu’il y a eu dépassement du droit, une action en justice peut être intentée. La liberté d’expression, la tolérance et le respect des convictions religieuses sont au cœur du pacte républicain.
Il demeure que, dans le contexte actuel, l'esprit de responsabilité de chacun doit prévaloir. Soyez assurée que je demeure pleinement vigilante."

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