L’Union des Français de l’Etranger est à l’origine de tous les droits reconnus aux Français de l’Etranger, parmi lesquels figure en tout premier le droit de vote, obtenu en 1946. Encore faut-il pouvoir l’exercer sans avoir à faire des milliers de kilomètres jusqu’à un bureau de vote !

Notre Constitution dispose que » la souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants ou par le référendum ». Or, du fait de la distance, les Français de l’étranger sont privés d’un moyen devenu fréquent pour peser sur les pouvoirs publics, à savoir la manifestation, voire l’émeute, érigées par certains au rang des vertus civiques !

Ils ne peuvent pas se rassembler, comme d’autres, pour tenter de peser sur les débats législatifs. Les Français de l’étranger disposent d’un bulletin de vote, ni plus ni moins. Encore faut-il qu’ils veuillent et qu’ils puissent l’utiliser.

Un lien qui s'affranchit des distances

La volonté ne va pas toujours de soi. Trop de nos compatriotes expatriés se sentent parfois détachés de leur patrie, qu’ils ne comprennent plus et dont le destin parait leur échapper. Ils sont donc tentés de renoncer à peser sur les choix majeurs qui se présentent à elle. A ceux-là, s’ils lisent ces lignes, je dirais que le lien national se joue des frontières et des distances, surtout à notre époque. Que le fait d’être Français constitue une force, un atout incomparable dans le monde entier.

Combien de fois, au cours de mes nombreux séjours à l’étranger, dans des lieux éloignés et parfois difficiles, voire hostiles, n’ai-je ressenti le réconfort de me savoir le ressortissant d’un grand pays dont la fortune bonne ou mauvaise, retentirait sur ma propre situation. Il importe donc de bien mesurer le fait que le sort de la France aura nécessairement des conséquences sur ses ressortissants à l’étranger, qu’ils le veuillent ou pas, qu’ils le sachent ou qu’ils l’ignorent. Leur vote, pour le bien du pays, est donc aussi important que celui de n’importe quel autre citoyen.

La deuxième raison de voter tient au fait que les Français de l’étranger, qu’ils prennent part ou non aux opérations électorales, sont représentés en tout état de cause. Ils le sont par leurs conseillers consulaires, leurs 11 députés à l’Assemblée Nationaleleurs 12 sénateurs élus au suffrage indirect, et enfin naturellement par le Président de la République lui-même, y compris les élections primaires, comme ce fut déjà le cas une première fois en 2011, et comme ce sera le cas cette année pour une autre sensibilité politique.

La seule question qui vaille est donc de savoir, chers compatriotes de l’étranger, si vous voulez laisser à d’autres le soin de décider qui vous représentera, ou si vous souhaitez le faire vous-mêmes !

Le tout n’est pas de vouloir voter, encore faut-il le pouvoir. Certes de grands progrès ont-ils été réalisés ces dernières années pour faciliter la participation des Français de l’étranger aux élections qui les concernent. N’oublions pas non plus que ceux d’entre eux, environ la moitié, qui résident dans un Etat membre de l’Union européenne, peuvent participer aux élections locales et aux élections au Parlement européen.

De l'importance du vote électronique

Parmi ces progrès, figure tout ce qui a facilité les inscriptions sur les listes électorales consulaires, qui sont passées de 380 000 en 2002 à un million en 2012. L’administration consulaire a créé des bureaux de vote plus nombreux le jour du scrutin. Le vote électronique a été rendu possible. Il est progressivement élargi, des élections consulaires aux élections législatives et désormais aux élections primaires. Il constitue la seule option efficace pour mettre tout le monde à égalité à tous les scrutins, car il ne sera jamais possible d’ouvrir des bureaux de vote dans chaque ville du monde.

Mais deux obstacles sont apparus : d’abord le vote électronique reste limité et ne fonctionne pas de manière satisfaisante. Malgré les efforts de l’administration consulaire, les moyens techniques ne sont pas au rendez-vous et de trop nombreux électeurs sont découragés de participer aux scrutins. On vient de le voir récemment à l’occasion de la préparation de la primaire ouverte de la droite et du centre. N’y aurait-il pas parfois quelque arrière- pensée pour limiter la participation des Français de l’étranger aux élections ? L’UFE se bat pour lever ces obstacles à l’exercice du droit de vote.

Notre seconde préoccupation tient à l’intention déclarée des pouvoirs publics français d’écarter des listes électorales consulaires les électeurs qui seraient radiés du registre des Français de l’étranger. Explication : si pendant cinq ans vous n’effectuez aucune démarche auprès de votre consulat, vous serez automatiquement radiés du registre et par conséquent radiés également de la liste électorale et privé du droit de votre. C’est aussi simple que cela. Imaginons la tête des habitants de Grenoble, d’Alençon, ou du 14ème arrondissement de Paris, s’ils découvraient qu’on les a rayés de la liste électorale parce qu’ils ne se sont pas manifestés à la mairie depuis cinq ans ! L’UFE a de manière répétée fait valoir sa réprobation et son hostilité à cette mesure.

Une Union plus que jamais mobilisée

Voilà pourquoi, entre autres, l’Union des Français à l’Etranger sert à quelque chose. Elle vous alerte et vous défend. Elle soutient vos aspirations. Elle vous encourage à exercer votre devoir civique et à faire valoir vos intérêts. Elle a pour mission de renforcer les liens entre vous, entre la France et vous.

Voilà pourquoi aussi, dans ce contexte, l’UFE va interroger les candidats aux élections présidentielles, à commencer par les primaires organisées à la fin de cette année, sur les principales questions qui intéressent les Français de l’étranger : d’abord naturellement le droit de vote lui-même, puisque certains se sont manifestement opposés à la généralisation du vote électronique, mais aussi l’enseignement, la fiscalité, l’administration consulaire, etc… Ces questions amèneront les candidats à se dévoiler. Leurs réponses seront naturellement communiquées et serviront utilement de comparateur de programme et enrichiront le débat. N’hésitez pas à faire connaitre vos préoccupations. Rien ne doit se décider sans vous.

François Barry Delongchamps
Président délégué

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