Le nouvel index mondial Compétitivité et Talents établit le classement de plus de 100 économies de premier plan en fonction de leur aptitude à produire, attirer et retenir le personnel qualifié. L’Index Compétitivité et Talent (GTCI), dont paraît la troisième édition, a été lancé à partir d’une recherche conjointe de l’INSEAD et du Human Capital Leadership Institute de Singapour, en partenariat avec la société Adecco. Les 103 pays étudiés représentent 86,3 % de la population du globe et 96,7 % du PIB mondial (en dollars américains actuels).

En mesurant la compétitivité d’une nation à partir de la qualité des compétences qu’elle est capable de produire, d’attirer et de retenir, l’objectif du GTCI est d’offrir un index international reconnu qui aide les acteurs privés et publics à surveiller leurs progrès dans la durée, à identifier les actions prioritaires et à participer aux réflexions internationales sur le sujet.

Pour Bruno Lanvin, directeur général pour les Indices mondiaux à l’INSEAD et co-auteur du rapport, « le degré d’attraction des talents est en passe de devenir la véritable devise avec laquelle nations, régions et villes se font concurrence entre elles. Le chômage des jeunes est devenu un problème essentiel dans tous les types de pays, riches ou pauvres, industrialisés ou émergents : plus de 50 % des jeunes de moins de 25 ans sont au chômage dans le Sud de l’Europe et plus de 50 % de la 

population de nombreux pays africains est âgée de moins de 18 ans. La simple confrontation de ces deux chiffres donne une idée des tensions, des flux et des défis qui nous attendent ».

L’Europe se taille la part du lion dans ce classement, avec huit pays parmi les dix premiers (qui comprennent les Etats-Unis et Singapour) et 14 des 20 premières places.

Les nations classées en tête ont de nombreux points communs, dont un engagement ancien vis-à-vis de la qualité de l’éducation (Royaume Uni, Suisse, Finlande et Suède), un historique d’immigration (Etats-Unis, Australie) et une stratégie claire visant à attirer les meilleurs ou les plus brillants (Singapour) – en les sélectionnant dans certains cas (Singapour, paradis des expatriés, Suisse, Irlande 

ou Etats-Unis). De nouvelles destinations se mettent aussi à attirer les talents : l’Indonésie, le Chili ou la Corée du Sud.

Première du classement, la Suisse domine dans presque toutes les variables, mais n’apparaît qu’au 18ème rang pour son aptitude à attirer les talents. Le Danemark dépasse ses voisins nordiques en excellant dans les variables telles que l’ouverture au sein de la fonction publique couplée à la grande efficacité du gouvernement. Il possède aussi un marché du travail plus flexible et une meilleure protection sociale que ses voisins, ce qui lui a permis d’atteindre la troisième place du classement.

Ce classement fait le lien entre mobilité des cerveaux et prospérité économique. L’impact de la migration dans le développement économique est élevé dans plus de la moitié des pays recensés par l’étude. En Suisse, 27 % de la population est née à l’étranger et, à Singapour, 43 %. C’est significatif aussi aux Etats-Unis, Canada, Nouvelle Zélande, Australie et en Irlande.

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