Depuis leur création au début des années 1980, les sociétés civiles de placement immobilier (SCPI) n’avaient jusqu’à présent fait leurs emplettes que dans l’Hexagone. Et voilà que quelques-unes d’entre elles se mettent à acheter des actifs à l’étranger, des bureaux aux commerces et à la logistique, de l’Allemagne à l’Espagne, en passant par la Belgique, les Pays-Bas ou le Portugal.

 

Pourquoi ce nouvel engouement ? Pas pour décrocher de meilleurs rendements, car ce passage de frontières (notamment en Belgique et en Allemagne) n’offre pas de perspectives de gains exceptionnelles aux SCPI et donc aux épargnants (5 % à 6 % pour les bureaux). Les raisons d’aller investir ailleurs sont autres, mais nombreuses.

  • Tout d’abord, les prix sont plus accessibles. En Allemagne, ils sont deux fois moins élevés qu’en France et l’offre est au moins aussi abondante. Le marché français commence en effet à saturer du fait des collectes record enregistrées depuis 2011 par les SCPI (environ 2,5 milliards d’euros par an). L’abondance de liquidités et l’afflux d’investisseurs institutionnels fouettent la compétition entre acheteurs. Résultat : les prix montent et les rendements baissent.
  • C’est l’occasion pour les SCPI de diversifier leurs portefeuilles et de profiter des décalages de cycles économiques entre les pays.
  • Enfin, la fiscalité de certains voisins européens est plus clémente que chez nous. Les revenus locatifs générés à l’étranger sont taxés dans le pays où se situe le bien. Or, l’impôt est de 16 % en Allemagne, contre une taxation en France selon la tranche marginale d’imposition, qui peut donc être supérieure. Sans oublier les prélèvements sociaux, qui ne s’appliquent pas sur les revenus étrangers. 
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