La période qui vient sera marquée par d’importants enjeux nationaux, qui intéressent également les Français de l’étranger et leurs élus. Au moment où notre association s’est engagée dans un important effort de rénovation, les prises de positions, liées à la préparation des élections présidentielles de 2017, ne doivent pas affecter la cohésion et le développement de l’UFE.

 

L’UFE doit respecter et faire respecter la liberté et les engagements de ses membres qui peuvent être divers et parfois opposés, sans se trouver elle-même entrainée dans des divisions qui ne pourront que l'affaiblir. Elle doit donc appliquer et faire appliquer un principe et un comportement de neutralité politique.

De par ses statuts, l’UFE déclare expressément ne se rattacher à aucune formation politique ou confession religieuse et, conformément à la loi française, ne fournit aucun soutien matériel ou financier à aucun candidat ou parti politique. Reconnue d’utilité publique en 1936 (par le gouvernement de Front populaire dirigé par Léon Blum), l’UFE a été la seule association représentative des Français de l’étranger jusque dans les années 1980. L’UFE est donc à l’origine de tous les droits accordés à nos compatriotes Français expatriés. Il a bien fallu, pour faire valoir ces droits, qu’il s’agisse de celui des familles de ceux qui sont tombés pour la France lors du Premier conflit mondial, ou de l’exercice du droit de vote qui ne fut accordé qu’en 1945 aux Français de l’étranger, que l’UFE fît de la politique ...

Il se trouve qu’au début des années 1980, le gouvernement français de l’époque a encouragé la création d’une autre association destinée à accueillir les adhérents et sympathisants du parti socialiste, à qui il a aussitôt conféré le statut d’association reconnue d’utilité publique. Cette décision a modifié les équilibres internes de l’UFE en la privant d’un tiers de ses adhérents de sensibilité socialiste, et a  divisé les Français de l’étranger. Mais les partis passent et l’UFE  demeure.

Depuis plus de 80 ans en effet, l’UFE milite en adaptant ses objectifs aux réalités de la France et du monde, et intervient dans les domaines de la protection sociale, de l’enseignement, de la sécurité des Français, de la fiscalité, de l’exercice du droit de vote ou de la nationalité. L’UFE fait donc de la politique, car elle agit au sein de la cité pour défendre les intérêts des citoyens qu’elle représente. Mais l’UFE n’est pas un parti politique et ne doit pas se substituer à eux. Elle est et demeure une association représentative de tous nos compatriotes résidant à l’étranger.

Ce faisant, l’UFE n’a jamais prescrit à ses adhérents d’adhérer ou de ne pas adhérer à un parti politique. Ceux-ci sont libres de participer aux élections nationales ou locales sous l’étiquette politique de leur choix.  L’UFE, quant à elle, a toujours été fidèle à sa vocation d’intérêt général de représenter l’ensemble des Français de l’étranger, au-delà des affiliations politiques du moment. Elle n’est liée à aucun parti politique. Certains de ses membres se sont portés candidats aux suffrages des Français de l’étranger sous la bannière qui leur convenait ou en association ou non avec d’autres forces, selon les situations locales. Ces candidats choisissent leurs partenaires et leurs alliances, au cas par cas, en toute clarté, en fonction de critères qui tiennent à leurs convictions personnelles.

Ces considérations ne suffisent pas si elles ne sont pas accompagnées d’un ensemble de règles de comportement que les membres de l’UFE devront respecter dans l’intérêt de notre association et selon les principes qui viennent d’être rappelés. Il convient de les préciser.

La première règle doit être de respecter et de faire respecter les engagements et les opinions  des autres membres, l’exemple devant naturellement venir des principaux responsables de notre association, membres du conseil d’administration et présidents de représentations. Ce respect passe par la reconnaissance de la diversité des engagements politiques, comme nous le faisons pour les convictions religieuses. L’expérience montre de manière très heureuse que les réunions de l’UFE ne se prêtent jamais à des discussions politiques partisanes. L’UFE doit rester un domaine libre de toute querelle de partis ou de personnalités politiques.

Il appartient à nos membres, à commencer par les principaux responsables, de faire en sorte que leur éventuel engagement politique soit compatible avec la neutralité de notre association. Cette règle est impérative pour les présidents de représentation, qui devraient en règle générale s’abstenir de présider en même temps la section locale d’un parti politique, ou à tout le moins, ne pas importer leur militantisme politique au sein de l’UFE. De même, l’engagement en faveur de tel ou tel candidat aux élections primaires devra se faire de manière à respecter les préférences des autres membres de l’UFE. Bref, l’UFE ne doit pas être ou apparaître comme l’instrument ou le lieu de rivalités électorales.

En matière de communication, l’UFE doit également rester neutre sur le plan partisan. Ceci n’est pas incompatible avec la défense des idées et des projets qui lui paraissent aller dans l’intérêt des Français de l’étranger. Dans le doute, car il n’est pas possible de tout codifier, la question doit être posée, dès qu’elle surgit, au siège de notre  association et au Conseil d’administration.

La ligne de conduite dont chacun devrait s’inspirer serait donc de se comporter de la manière que l’on souhaiterait voir observer par un partisan d’un autre candidat ou d’un autre parti politique. Le but est que chaque Français de l’étranger, quel que soit son engagement politique, voire son absence d’engagement, puisse se sentir bien à l’UFE. C’est ainsi que notre association pourra rayonner dans l’intérêt de tous.

François Barry Delongchamps
Président Délégué de l'Union des Français de l'Etranger

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