Comment tout concilier ?

Par Adélaide Russel, psychologue du réseau Tele-psy, en partenariat avec expatjunior.com

L’expatriation, une intrication des domaines privés et professionnels

Partir en expatriation pour une raison professionnelle ne relève pas que du domaine du travail. Surtout si la famille suit. Ce n’est plus seulement un salarié ou un entrepreneur  qui démarre une expérience professionnelle à l’étranger : il se crée alors une synergie des domaines personnels, familiaux et professionnels. Les bouleversements et changements vécus par chaque membre du groupe impactent toute l’entité familiale. Des ruptures sont à digérer et des ajustements sont à gérer par chacun.

Un surinvestissement familial 

Face à la nouveauté, les liens entretenus dans une famille qui va bien se resserrent, tandis que ceux d’une famille déjà vulnérable peuvent casser. Les premiers moments d’installation et de prise de poste mettent la famille sous tension : le ou les salariés ou entrepreneurs - si les deux conjoints travaillent - sont très occupés par le démarrage de leur activité. Le conjoint accompagnateur doit installer la famille puis trouver sa place. Enfin, les enfants s’ajustent à leur nouvelle vie avec plus ou moins de facilité suivant leur personnalité. Chacun se construit de nouveaux repères et change d’identité. De nouvelles dynamiques relationnelles se mettent en place au sein de la famille nucléaire qui peut vivre une période d’isolement avant de s’ouvrir aux nouvelles relations. La situation exige des parents une certaine disponibilité et une attention renforcée. C’est au couple d’investir davantage cette sphère privée au début du séjour afin de poser un cadre rassurant. Celui-ci stimule la curiosité de leur enfant et son ouverture à l’inconnu gage de réussite dans cette nouvelle vie.

Une identité familiale affirmée

Au cours du séjour la vie familiale reste intense puisque famille et amis ne sont pas proches géographiquement. La sphère amicale est souvent davantage investie sur place, empreinte de solidarité et d’entraide. Et la famille expatriée, au contact de la culture du pays d’accueil se recrée sa propre culture interne. Il s’en dégage souvent une identité familiale forte, une fratrie plus soudée, nourrie par les expériences particulières vécues ensemble. Ce caractère est d’autant plus prégnant dans le cas des multi-expatriations des familles nomades qui changent régulièrement de pays. Attention toutefois à rester bien connecté avec le réseau familial et amical resté au pays pour ne pas creuser un écart trop important. Il faut d’une part pouvoir continuer à se nourrir affectivement avec ces  relations de cœur et d’autre part être attentif à ne pas trop éloigner les liens pour atténuer le sentiment d’étrangeté inévitable lors du retour.

Des motivations clairement identifiées

Au delà des opportunités de carrière et financières, l’envie d’enrichir sa vie familiale fait aussi partie des motivations au départ. On a tendance à mettre l’accent sur l’ouverture au monde et la pratique d’autres langues. Or la dimension affective dans la vie de famille peut être une grande bénéficiaire de l’expatriation. Celle-ci pousse la famille à trouver ses propres ressources, à faire face ensemble à diverses turbulences inhérentes à cette vie d’expatrié. Elle va en ressortir plus forte si le groupe familial a su se saisir de cette opportunité pour avancer ensemble dans l’intérêt de chacun !

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